Chers membres et personnes intéressées,
Cette nouvelle édition marque le début de l’année 2026 avec de nombreuses actualités autour de la conservation et de l’utilisation des ressources phytogénétiques.
Du côté de la CPC, nous vous invitons à participer à une journée au FiBL à Frick, et vous donnons un premier aperçu des célébrations des 35 ans de la CPC. Vous découvrirez également les dernières nouvelles du groupe de travail légumes ainsi qu’un partage d’expérience sur les droits d’utilisation d’images.
Nos membres présentent plusieurs initiatives marquantes : une méthode innovante d’Agroscope pour accélérer la sélection de pommiers résistants, la clôture des activités de l’Association pour les plantes cultivées alpines, et une expérience de valorisation régionale autour du pain à la féverole.
Au niveau national, cette édition met en lumière les thèmes prioritaires de la prochaine phase du PAN-RPGAA, les réflexions issues du séminaire « Breeding for Planetary Health », la place des ressources phytogénétiques dans le nouveau rapport biodiversité de la SCNAT, ainsi que les premières orientations de la Politique agricole 2030+ et les réactions qu’elles suscitent.
Enfin, nous élargissons la perspective avec le projet européen PRO-WILD, qui illustre l’importance croissante des apparentés sauvages des plantes cultivées (CWR) pour l’agriculture de demain.
Nous vous souhaitons une excellente lecture.
Le bureau de la CPC
Contenu
Du côté de la CPC
Du côté des membres CPC
Clap de fin de l’association pour les plantes cultivées alpines (2000 - 2025)
Potentiel de la farine de féverole valaisanne pour la fabrication du pain
National
Breeding for Planetary Health : la sélection végétale face aux grands défis agricoles
Une place pour la diversité génétique des plantes cultivées dans le rapport biodiversité SCNAT
Politique agricole 2030+ : premières orientations et réactions
International
Dans le cadre de notre assemblée générale qui se tiendra le 27 mars prochain au FiBL à Frick, nous organisons un après-midi de découverte ouvert également aux personnes non membres souhaitant mieux connaître le travail de l’institut.
Notre assemblée générale aura lieu le matin. Les personnes non membres y sont également les bienvenues pour découvrir la CPC et ses membres. Un temps d’information assuré par l’OFAG est également prévu.
Les personnes intéressées peuvent participer à l’ensemble de la journée ou nous rejoindre dès le repas de midi, servi à 12h20 au restaurant du FiBL.
L’après-midi, organisé en collaboration avec le FiBL, offrira un espace de réflexion, d’échange et de découverte sur plusieurs thématiques. Nous ouvrirons un bloc consacré à l’agrobiodiversité et la politique alimentaire locale, précédé d’une brève présentation du Swiss Plant Breeding Center SPBC.
L’après-midi, organisé en collaboration avec le FiBL, offrira un espace de réflexion, d’échange et de découverte sur plusieurs thématiques. Nous ouvrirons un bloc consacré à l’agrobiodiversité et la politique alimentaire locale, précédé d’une brève présentation du Swiss Plant Breeding Center SPBC.
Nous poursuivrons avec une immersion dans la recherche pionnière en agriculture biologique sur le site de Frick. La visite conduira à travers l’étable moderne présentant des concepts innovants en matière d’élevage, ainsi que dans les vergers bio, où sont abordés les thèmes de la culture, de la protection des plantes et des ressources génétiques. La visite de l’installation pilote d’agrivoltaïsme montrera également comment l’agriculture et la production d’énergie durable peuvent aller de pair. Un aperçu des activités de recherche menées dans les chambres climatiques et les laboratoires modernes de biologie moléculaire viendra compléter le programme.
Merci de vous inscrire d’ici au 16 mars via le formulaire ici.
Participation aux frais
CHF 30.– (membres) | CHF 50.– (non membres)
(incluant repas, collations et visite guidée)
Nous vous remercions de diffuser cette invitation aux personnes susceptibles d’être intéressées.
Nous nous réjouissons de vous accueillir nombreuses et nombreux à Frick.
Cette année, nous célébrons les 35 ans de la CPC. Depuis sa création en 1991, notre association a mis en relation les personnes et les organisations publiques et privées actives dans la conservation des ressources phytogénétiques, dans le but de renforcer la collaboration entre elles et mène des projets visant la conservation et la promotion de la diversité des plantes cultivées. Dès 1996, elle collabore avec l’OFAG dans le cadre d’objectifs communs dans le cadre du PAN-RPGAA.
Depuis lors, une grande partie des membres de la CPC ont développé divers projets dans le cadre du PAN-RPGAA. En 2024, 77 % des projets ont été réalisés par nos membres.
Rendez-vous en novembre : congrès RPGAA
Pour célébrer ces 35 ans, notre congrès RPGAA du 19 novembre 2026 sera consacré à cet anniversaire. Cet événement sera l’occasion de revenir sur les projets passés, partager des expériences et réfléchir aux défis à venir.
Vous recevrez plus d’informations cet été sur notre site internet.
La dernière séance du groupe de travail « légumes » du PAN-RPGAA, qui s’est tenue le 13 février, a réuni des représentantes et représentants d’organisations actives dans la conservation et l’utilisation des ressources phytogénétiques impliquées dans des projets. Étaient notamment présents les responsables GENRES de l’OFAG et de la Banque nationale de gènes, et des représentants de Hortiplus, de Zollinger Conseils, de la ZHAW, d’Artha Samen, de Varietas, de BioBrüngger ainsi que de ProSpecieRara.
La rencontre a permis de discuter des exigences relatives aux quantités de semences, aux taux de germination et aux conditions de pollinisation pour de nouvelles espèces récemment intégrées, notamment l’amarante, le quinoa et l’arroche. Les échanges ont montré la nécessité de trouver des compromis entre les approches pragmatiques des producteurs et les exigences d’efficacité en matière de coûts et de stockage de la part de l’OFAG et de la Banque nationale de gènes.
Une évaluation d’accessions de courgettes réalisée par Zollinger Conseils a également été discutée. Le groupe de travail se prononce notamment sur la présence des variétés sur le marché et sur leur durée de culture en Suisse, condition importante pour leur intégration dans la Banque nationale de gènes (dix multiplications servant de référence).
ProSpecieRara a présenté les résultats d’un projet d’utilisation consacré à la scorsonère. Grâce à une sélection participative appuyée par l’application Seed-Linked, des maraîchers et jardiniers amateurs ont été sensibilisés à la sélection et à la conservation des ressources phytogénétiques, tout en contribuant à évaluer le potentiel d’utilisation de différentes variétés.
Un appel a également été lancé pour la transmission de variétés de courges (Cucurbita moschata et C. maxima) possédant une histoire en Suisse, afin d’en évaluer les qualités agronomiques.
Pour 2026, la réalisation d’une évaluation sur des espèces du genre Brassica (à l’exception de B. oleracea) a été acceptée. Ce groupe de cultures se distingue par sa grande diversité génétique, son importance culinaire et son intérêt pour les contextes d’agriculture de subsistance et d’urban gardening. L’OFAG a rappelé l’importance de concentrer la conservation sur les variétés pour lesquelles la Suisse porte une responsabilité particulière.
Enfin, les priorités de la phase VIII ont été présentées (délai de soumission : 31 mai 2026) :
poursuite des projets d’utilisation et mise à disposition de matériel génétique
renforcement des travaux sur les légumineuses, notamment pour la santé des sols
caractérisation des accessions en lien avec le changement climatique et les organismes nuisibles
développement de projets de pré-sélection et d’amélioration de variétés locales, de niche ou négligées
La rencontre s’est conclue par des échanges informels sur les projets en cours et futurs.
Traduction d’après le texte original de Martin Brüngger (membre du comité CPC, BioBrüngger)
Nous souhaitons informer nos membres et toute personne intéressée, d’une situation juridique à laquelle nous avons été confrontés. Notre objectif est de partager cette expérience afin d’éviter que d’autres ne se retrouvent dans une situation similaire.
Contexte
Dans notre newsletter d’été 2018 publiée sur notre site internet, nous avions relayé un document de l’OFAG/OFEV reçu dans le cadre d’une consultation publique fédérale lors d’un atelier organisé par la Confédération. À cette époque, nous n’avions pas connaissance d’éventuelles restrictions concernant sa diffusion en ligne.
En 2025, un cabinet d’avocats allemand nous a contactés, affirmant qu’une image contenue dans ce document aurait été utilisée sans licence valable. Le cabinet d'avocats nous a demandé, dans une mise en demeure, de signer une déclaration de cessation concernant l'utilisation future de l'image et la reconnaissance d'une demande de dommages-intérêts.
Analyse de la situation
Nous avons pu échanger brièvement avec un juriste de l’Institut fédéral compétent en matière de propriété intellectuelle. Selon lui, le document que l’on nous demandait de signer pouvait nous engager à payer un montant non précisé ultérieurement. Il nous a expressément déconseillé de signer.
Deux options s’offraient alors à nous :
Ne pas réagir, en espérant que les démarches ne soient pas poursuivies — avec toutefois le risque d’une action en justice en Allemagne et de frais potentiellement élevés.
Répondre par écrit pour demander des précisions sur le montant réclamé et expliquer notre statut d’organisation à but non lucratif.
Un délai de réponse nous avait été fixé.
Nous avons également sollicité différents interlocuteurs (assurance, organismes de conseil, réseaux associatifs). Tous ont convergé vers la même recommandation : prendre un avocat spécialisé.
Il est apparu que le dossier relevait du droit allemand et qu’un conseil juridique en Allemagne était nécessaire. Avec l’aide de contacts personnels, nous avons mandaté un avocat allemand spécialisé dans ce type d’affaires.
Dénouement
Après négociation par notre avocat, l’affaire s’est conclue par un accord impliquant le paiement d’un montant.
Ce que nous retenons
Même un contenu ancien peut faire l’objet d’une réclamation.
Le partage d’un document public ne garantit pas que tous ses éléments soient libres de droits.
Alors que les organismes publics sont protégés contre toute action en justice, même les associations qui agissent dans l'intérêt public ne le sont pas.
Les démarches peuvent être transfrontalières et relever d’un autre droit national.
En cas de mise en demeure, il est essentiel de ne pas agir sous pression et de consulter un spécialiste.

Sélection de pommiers résistants accélérée avec LIFT
Développer de nouvelles variétés de pommes résistantes aux maladies peut prendre plus de 20 ans en sélection classique. Une étude récente menée par Agroscope présente la méthode LIFT (Low Input Fast-Track), qui permet de réduire d’environ moitié le temps entre les générations.
Développer de nouvelles variétés de pommes résistantes aux maladies, prend au minimum 25 ans. En effet, l’introgression de gènes de résistance par sélection classique dans de nouveaux cultivars de pommier présentant de bonnes qualités d’arbre et de fruit nécessite une série de quatre à cinq pseudo-rétrocroisements.
Une étude publiée en 2025 par le groupe de recherche Sélection des cultures fruitières chez Agroscope présente la méthode LIFT (Low Input Fast-Track), qui permet de réduire d’environ moitié le temps entre les générations en réduisant l’utilisation d’intrants. Développée et optimisée sur une période allant de 2008 à 2024, cette approche repose sur une série de croisements initiés dès 2008–2009. Concrètement, l’utilisation de la méthode « LIFT » peut ramener l’intervalle générationnel à environ deux ans, diminuant ainsi le cycle de sélection de 50 % et accélérant le développement de cultivars de pommier résistants aux maladies dans une perspective de production durable.
Cette approche combine la croissance forcée en serre standard de semis porteurs de gènes de résistance au feu bactérien avec des périodes de vernalisation artificielle en chambre froide. Ce dispositif permet d’induire la floraison chez environ 20 % des semis dès la deuxième période de vernalisation, soit environ deux ans après le semis, contre quatre à cinq ans en conditions habituelles.
Les chercheurs ont suivi, au fil des générations, plusieurs paramètres clés : le maintien de la résistance au feu bactérien, l’évolution du poids individuel des fruits et la proportion de génome non adapté héritée des parents sauvages. Les résultats montrent que la résistance au feu bactérien est maintenue au fil des générations, tandis que le poids unitaire des fruits augmente progressivement pour atteindre des standards compatibles avec les attentes du marché. La méthode LIFT constituerait ainsi un outil prometteur pour accélérer le développement de variétés plus résistantes et réduire l’usage de produits phytosanitaires en arboriculture.
Plus d’informations :
Bühlmann-Schütz S., Hodel M., Howard N.P., Lussi L., Patocchi A. (2025). Low input fast-track (LIFT): an approach for fast introgression and stacking of (R-)genes into advanced apple selections. doi.org/10.1007/s00425-025-04780-4
Clap de fin de l’association pour les plantes cultivées alpines (2000 - 2025)
En septembre 2025 est paru aux éditions Haupt le livre Kulturpflanzen der Schweiz - Sortenvielfalt und historisches Erbe. Parallèlement, les deux derniers cahiers de la série Kulturpflanzen in der Schweiz, consacrés à la tomate ainsi qu’aux salades, laitues et chicorées, ont été publiés. Avec ces publications, l’histoire de l’Association pour les plantes cultivées alpines arrive à son terme.
L’association a été fondée le 3 août 2000 à Filisur, en marge d’une rencontre consacrée à la question « L’agriculture de montagne : quel avenir ? ». Selon ses statuts, elle avait pour objectif la conservation et le développement des plantes cultivées alpines en tant que composante vivante de la culture agricole. L’inventaire et la recherche sur les plantes cultivées figuraient parmi ses objectifs déclarés. L’association a été membre de la CPC dès sa création.
La création de cette personne morale a permis de réunir les conditions nécessaires au financement d’essais variétaux et de descriptions de variétés, à l’entretien de jardins d’exposition temporaires répartis dans différentes vallées des Grisons, à l’étude de l’histoire des plantes cultivées suisses et, enfin, à une meilleure compréhension des multiples possibilités offertes par les plantes cultivées grâce à leur description. Pour un indépendant, il est difficile d’acquérir tous les fonds nécessaires à des projets d’utilité publique. De nombreux sponsors ne soutiennent en effet que des associations d’intérêt général.
Parmi les temps forts de ces dernières années figurent notamment :
- 2001 : exposition itinérante « Gran - Korn »
Présentée pendant plusieurs années à Valchava, Ilanz, Bergün, Zurich et ailleurs, l’exposition a été enrichie en 2004, en collaboration avec Andrea Heistinger, d’une partie consacrée aux plantes potagères, textiles et oléagineuses. Elle a ensuite été présentée en plusieurs lieux du Tyrol du Sud sous le titre Kulturpflanzen der Alpen - eine Ausstellung zu Ehren der bergtüchtigen Kulturpflanzen (Plantes cultivées des Alpes - une exposition en hommage aux plantes cultivées adaptées à la montagne)
- 2000 - 2017 : essais variétaux
Essais avec des variétés anciennes et nouvelles, jardins d’essais et d’exposition dans différentes régions : Val Müstair, Engadine, Albulatal, Surses, Val Schons, Lugnez, Cadi, Domleschg.
- 2004 : « Fête des plantes cultivées alpines » à Filisur
Organisée avec ProSpecieRara et la famille Heinrich, avec la participation de représentants politiques, agricoles et économiques.
- 2003 - 2007 : histoire des plantes cultivées
La publication Kulturpflanzen der Schweiz, Süd- und Nordtirol, réalisée avec Andrea Heistinger, reposait sur quatre piliers : archéologie, histoire, recherche actuelle et caractérisation des plantes cultivées. Elle a permis de compléter et de vérifier des informations concernant les variétés conservées dans les banques de gènes.
- 2011 - 2025 : série Kulturpflanzen in der Schweiz
Cette série bilingue a permis d’étendre les travaux à l’ensemble de la Suisse et de rendre les résultats accessibles à un public plus large. Le soutien de l’OFAG, responsable de la banque nationale de gènes, est resté limité. Les deux derniers cahiers consacrés à la tomate et aux salades constituent pourtant un complément essentiel pour comprendre la diversité des plantes cultivées. Le livre Kulturpflanzen der Schweiz offre aujourd’hui une synthèse globale.Les publications sont disponibles à la Bibliothèque nationale suisse, sur ResearchGate ou sur : www.berggetreide.ch
- 2018 : exposition itinérante « Pflanzenvielfalt - ein Spiel mit Formen »
Présentée notamment dans les jardins botaniques de Saint-Gall, Giessen et Jena, elle explorait la compréhension de la diversité des plantes sauvages et cultivées. Lien vers la brochure de l’exposition : www.urpflanze.ch
- 2025 : publication du livre
Kulturpflanzen der Schweiz - Sortenvielfalt und historisches Erbe (ISBN 978-3-258-08390-2).
L’Association pour les plantes cultivées alpines appartient désormais à l’histoire. Je remercie les sponsors, les collègues, les agriculteurs ayant mis des surfaces à disposition, les membres de l’association et toutes les personnes qui ont soutenu ces projets.
Pour conclure, une citation de la grande chercheuse Udelgard Körber-Grohne (1995) : « La diversité est tout aussi essentielle qu’une alimentation variée pour renforcer nos défenses. Et cultiver une grande diversité de plantes, en apprendre davantage sur elles, contribue aussi à accroître la joie de vivre ».
Peer Schilperoord
Alvaneu, 25.02.2026
Traduction d’après le texte original de Peer Schilperoord.
Potentiel de la farine de féverole valaisanne pour la fabrication du pain
Dans le cadre du projet « Grandes cultures en régions de montagne », une dégustation de pain à la féverole a été organisée en décembre 2025 en collaboration avec la boulangerie Roggen Backstube à Erschmatt. L’objectif était d’évaluer le potentiel de la farine de féverole valaisanne pour la fabrication du pain.
Pour la dégustation, des pains ont été confectionnés avec différentes proportions de farine de féverole, de blé et de seigle. Les variétés de féverole utilisées étaient Reckinger, Leigger et Erschmatter. La proportion de farine de féveroles valaisannes variait entre 10 % et 40 %. Les pains ont été évalués selon les critères d’odeur, de texture et de goût, sur une échelle de 1 à 5.
Les résultats montrent que même avec une proportion de 40 % de farine de féverole, aucune altération du goût n’a été constatée. Toutefois, l’augmentation de la part de féverole a entraîné une légère hausse du taux d’humidité des pains.
Au total, 20 personnes ont participé à la dégustation. Aucune préférence nette ne s’est dégagée pour un pain en particulier : toutes les variantes ont été évaluées positivement.
Ces résultats soulignent le potentiel de la farine de féverole pour les boulangeries locales, en particulier dans le domaine des productions de niche à forte valeur ajoutée régionale. Étant donné que les féveroles seront désormais cultivées et transformées directement par les productrices et producteurs, les conditions sont réunies pour des chaînes de valeur courtes et une commercialisation régionale autonome.
Thèmes prioritaires de la prochaine phase du PAN-RPGAA
L’Office fédéral de l’agriculture (OFAG) a publié les thèmes prioritaires de la phase 8 (2027-2030) du Plan d’action national pour la conservation et l’utilisation durable des ressources phytogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture (PAN-RPGAA).
Nous vous les transmettons ci-après :
Les organisations, institutions et partenaires intéressés sont invités à déposer leur demande de projet dans le cadre de cette nouvelle phase. Les projets peuvent porter sur :
la diversité génétique des plantes cultivées (RPGAA),
la diversité génétique des plantes sauvages apparentées aux cultures (Crop Wild Relatives).
Délai pour la remise des demandes de projet : 31 mai 2026.
Nous souhaitons à toutes les personnes déposant une demande plein succès dans la soumission de leur projet.
Pour plus d’informations : www.blw.admin.ch/fr/diversite-plantes-utiles

Breeding for Planetary Health : la sélection végétale face aux grands défis agricoles
Le 21 janvier 2026, la CPC-SKEK a participé au 10ᵉ séminaire annuel du groupe de travail « Plant Breeding » de la SGPW-SSA à l’ETH Zurich. Placée sous le titre « Breeding for Planetary Health - Tackling Agriculture’s Grand Challenges », la rencontre a réuni chercheurs, institutions et étudiants autour du rôle de la sélection végétale face aux défis agricoles et environnementaux actuels. La journée était modérée par Bruno Studer (ETH Zurich).
La matinée a rappelé avec force le rôle central de la sélection végétale pour répondre à la croissance démographique et aux enjeux climatiques. Plusieurs interventions ont souligné la dépendance mondiale à quelques cultures majeures, en particulier le blé, pilier de l’alimentation humaine. Les présentations ont abordé l’amélioration de la productivité, de la qualité nutritionnelle (protéines, micronutriments) et de la résilience des cultures, ainsi que la nécessité d’une coopération internationale et d’un dialogue sociétal autour des nouvelles technologies de sélection.
Une large place a été consacrée aux approches génétiques et aux stratégies de sélection visant à élargir la base génétique des cultures. Les contributions ont notamment mis en lumière différentes voies possibles : utilisation de la diversité issue de variétés anciennes, domestication de parents sauvages, sélection phénotypique à long terme ou recours à des outils génomiques. Plusieurs interventions ont insisté sur l’importance des résistances quantitatives, de la diversité génétique et de l’adaptation aux conditions climatiques futures.
L’après-midi a exploré des pistes concrètes pour une agriculture à faibles émissions et plus efficiente dans l’utilisation des ressources. Les exemples présentés ont porté sur les systèmes fourragers pérennes associés aux légumineuses, les plantes à enracinement profond, les cultures mixtes et les symbioses plantes-microorganismes permettant d’améliorer l’absorption de l’azote. Les discussions ont également abordé la sélection d’idéotypes végétaux adaptés à des systèmes agricoles moins industrialisés et plus diversifiés.
La journée s’est conclue par la présentation de Hans Daetwyler, nouveau directeur du Swiss Plant Breeding Center, qui a esquissé des perspectives de collaboration pour le développement de nouvelles variétés adaptées aux conditions suisses. Comme lors des éditions précédentes, le séminaire a offert une plateforme importante d’échanges entre recherche, sélection et pratique agricole.
Au-delà de la diversité des approches présentées, un message transversal s’est dégagé : les innovations en sélection végétale reposent sur l’accès à une large diversité génétique. Ces travaux rappellent ainsi le rôle fondamental des ressources phytogénétiques et l’importance des efforts de conservation et d’utilisation durable.
Traduction du compte rendu de Simone Bühlmann-Schütz (membre du comité CPC, Agroscope)

Une place pour la diversité génétique des plantes cultivées dans le rapport biodiversité SCNAT
En janvier 2026, l’Académie suisse des sciences naturelles (SCNAT), via le Forum Biodiversité Suisse, a publié le rapport de synthèse « Comprendre et agir pour la biodiversité en Suisse - État, évolution et orientations ».
Ce document actualise, quinze ans après l’analyse de 2011 (Avons-nous touché le fond ?), l’état des connaissances scientifiques sur la biodiversité en Suisse, en s’appuyant sur les programmes nationaux de monitoring, les résultats récents de la recherche et un large consensus d’experts.
Le chapitre 5, consacré à la biodiversité dans la zone agricole, rappelle d’abord que biodiversité et agriculture sont étroitement liées : sols vivants, pollinisateurs, diversité génétique des plantes cultivées et des animaux de rente constituent la base d’une production alimentaire durable. Malgré des progrès depuis les années 1990, notamment grâce aux surfaces de promotion de la biodiversité, la situation reste contrastée. La biodiversité agricole a fortement reculé depuis 1900, en particulier en plaine. En 2023, les contributions en faveur de la biodiversité atteignaient environ 450 millions de francs (16 % des paiements directs), mais elles coexistent encore avec des incitations agricoles pouvant lui être défavorables. Le rapport souligne aussi les défis persistants liés aux excédents d’azote, à l’usage des pesticides et au rôle déterminant des choix de consommation.
Le point 5.5.3, consacré à la diversité génétique des plantes cultivées, constitue un élément central pour la CPC-SKEK. Il rappelle que la sécurité alimentaire dépend directement de cette diversité, véritable assurance permettant de développer des variétés capables de faire face aux maladies, aux ravageurs et aux changements climatiques. Pourtant, la culture actuelle repose souvent sur un nombre très limité de variétés, alors qu’un vaste potentiel génétique reste disponible mais encore peu utilisé. Le rapport souligne également l’importance des plantes sauvages apparentées aux cultures (Crop Wild Relatives) : la Suisse compte 285 espèces prioritaires, dont beaucoup vivent dans les milieux agricoles.
La CPC se réjouit que les ressources phylogénétiques soient enfin mises en lumière dans un rapport de monitoring sur la biodiversité. C’est une étape importante vers une meilleure compréhension de leur valeur et nous espérons que leur rôle continuera à se renforcer dans les programmes à venir.
Le rapport complet peut être consulté et téléchargé ici: www.biodiversitaet2026.scnat.ch/fr

Politique agricole 2030+ : premières orientations et réactions
Le 18 février 2026, le Conseil fédéral a présenté les grandes lignes de la future Politique agricole à partir de 2030 (PA30+). Le Département fédéral de l’économie, de la formation et de la recherche (DEFR) doit élaborer un projet qui sera mis en consultation d’ici fin 2026. Cette réforme définira le cadre de l’agriculture suisse pour la prochaine décennie.
La PA30+ vise à renforcer la sécurité alimentaire tout en améliorant la durabilité du système agroalimentaire. Quatre axes principaux ont été annoncés :
Simplifier les paiements directs et réduire la charge administrative, avec des contributions davantage orientées vers les résultats.
Renforcer l’observation des marchés afin d’améliorer la transparence et la position des exploitations agricoles.
Soutenir les bases de production, notamment par la protection durable des cultures et une meilleure utilisation des ressources.
Impliquer l’ensemble de la chaîne de valeur, y compris le commerce de détail et les consommateurs, via des conventions d’objectifs.
Ces orientations suscitent déjà diverses réactions.
L’Union suisse des paysans (USP) salue l’objectifs de simplification administrative et le renforcement de la position des producteurs sur le marché. Elle critique toutefois les enveloppes financières prévues pour 2030–2033, qu’elle juge insuffisantes. Selon elle, une réduction des moyens compromettrait la stabilité économique des exploitations et risquerait d’affaiblir la capacité d’investissement nécessaire à la transition écologique.
Du côté de la chaîne agroalimentaire, l’Association suisse pour un secteur agroalimentaire fort (ASSAF) accueille favorablement l’orientation générale vers davantage de compétitivité et de responsabilité partagée. Elle plaide pour des conditions-cadres favorables à l’esprit d’entreprise, une simplification réglementaire et une cohérence accrue entre politique agricole, politique commerciale et politique économique.
L’association Marchés Équitables Suisse (MÉS) soutient le renforcement de la transparence des marchés, tout en demandant des instruments plus efficaces pour lutter contre les abus de pouvoir de marché et améliorer la répartition de la valeur ajoutée au sein de la filière.
Les organisations environnementales Pro Natura, BirdLife Suisse et Greenpeace Suisse publient une prise de position commune estimant que les mesures restent insuffisantes du point de vue de la biodiversité, du climat et de l’environnement. Elles demandent notamment des objectifs contraignants en matière de réduction des émissions, de promotion de la biodiversité et de diminution des intrants.
Dans une perspective agroécologique, Bio Suisse souligne l’importance de renforcer les incitations en faveur des systèmes de production durables et de garantir une cohérence entre paiements directs et prestations écologiques. Elle plaide pour soutenir les exploitations engagées dans des démarches de durabilité ambitieuses.
Enfin, la Plateforme Agenda 2030 considère la PA30+ comme un levier central pour atteindre les objectifs de développement durable en Suisse. Elle appelle à intégrer davantage les principes de l’Agenda 2030 dans la politique agricole, notamment à travers la prise en compte des coûts environnementaux, la promotion de l’agroécologie et un renforcement de la formation et du conseil.
Plus d’informations :
Informations officielles
www.blw.admin.ch
Réaction de l’USP
www.sbv-usp.ch
Réaction de l’ASSAF
www.assaf-suisse.ch
Réaction de Marchés Équitables Suisse
www.fairemaerkteschweiz.ch
Prise de position commune Pro Natura, BirdLife Suisse et Greenpeace
www.pronatura.ch
Réaction de Bio Suisse
www.bio-suisse.ch
Plateforme agenda 2030
www.plattformagenda2030.ch

PRO-WILD : un projet européen majeur pour les CWR
Le projet européen PRO-WILD - Protect and Promote Crop Wild Relatives (2024–2029) vise à protéger et promouvoir les espèces sauvages apparentées au blé, à la betterave sucrière et au colza, en exploitant leurs caractéristiques précieuses telles que la tolérance à la chaleur et la résistance aux parasites. Coordonné par l’INRAE et financé dans le cadre du programme Horizon Europe, avec le soutien de UK Research and Innovation et du Secrétariat d’État suisse à la formation, à la recherche et à l’innovation (SEFRI), il réunit 19 partenaires issus de 11 pays.
Les activités couvrent l’ensemble de la chaîne : conservation in situ, conservation ex situ, caractérisation et pré-sélection pour intégrer des caractères d’intérêt dans les programmes de sélection. Le FiBL pilote et coordonne la communication et la diffusion des résultats du projet. L’objectif est d’informer efficacement aussi bien le grand public que les spécialistes par le biais de différents canaux.
PRO-WILD s’inscrit dans un ensemble plus large d’initiatives européennes consacrées aux CWR, notamment le projet COUSIN présenté lors du dernier congrès de la CPC consacré aux CWR. Ensemble, ces projets illustrent le renforcement des collaborations européennes autour de la conservation, de la caractérisation et de l’utilisation des ressources phytogénétiques.
Pour en savoir plus, découvrir les ressources du projet (practice abstracts, livrables, matériel de communication) : www.pro-wild.eu
Également à découvrir : la chaine YouTube de PRO-WILD : www.youtube.com/@PRO-WILD










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