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Vigne

Histoire de la vigne

La vigne est considérée comme une des plantes les plus anciennes sur terre. Des feuilles et des graines datant d’il y a environ 60 million d’années dans les roches du tertiaire montrent que la vigne a précédé l’homme et poussait de façon spontanée.  

Pendant longtemps, on crut que toutes nos variétés de vigne provenaient de la Mésopotamie car beaucoup de vignes furent trouvées là-bas. Aujourd’hui, les experts sont plutôt d’avis que quelques variétés furent également issues de l’Europe centrale comme la variété Pinot noir dans la Bourgogne d’aujourd’hui. Des fouilles provenant de l’Âge de pierre (9000-4000 ans av. J.C.) montrent que la vigne était à nouveau indigène en Europe centrale. En Suisse, on a trouvé des pépins de raisins datant d’il y a environ 4000 ans av. J.C. au bord du lac de Neuchâtel et dans le Valais. L’espèce dioïque Vitis silvestris est probablement l’ancêtre ou l’origine de la vigne. Selon la thèse la plus répandue, la vigne était déjà présente en Egypte plus de 2000 ans avant J.C. Ce sont les Egyptiens qui ont appris aux Grecs à cultiver la vigne. Les Grecs ont ensuite transmis leur savoir aux Romains. La vigne apparaît sur les rives de la Méditerranée 600 ans avant J.C. En Suisse, les premiers indices trouvés de la culture de la vigne remontent à 515 ans en Valais et à 765 ans dans la région de Coire. Au moyen-âge, la viticulture se développe et l’Eglise prend une part importante dans la propagation du vignoble et dans les techniques de vinification. L’exportation commence à cette époque.

Viticulture suisse

La viticulture en Suisse s'étend sur une superficie totale de 150 km2 et est principalement concentrée à l'ouest et au sud du pays, dans les cantons de Genève, Neuchâtel, Tessin, Valais et Vaud. Environ 78% de la superficie viticole est dédiée à la culture des principaux cépages Chasselas, Gamay, Merlot et Pinot. Le reste est couvert avec des dizaines d’autres cépages, autochtones ou introduits.  A cela s’ajoutent des hybrides, une quinzaine de cépages américains utilisés comme porte-greffe pour lutter contre le phylloxéra, et une population de vigne sauvage. La quasi-totalité de la production est consommée localement et seuls 1-2 % sont exportés.

Généalogie des cépages

L’ampélographie classique se base sur la morphologie de la plante pour identifier le cépage. Lorsque les cépages sont très proches, ou atteints de maladie déformant les feuilles, la description morphologique devient difficile et source d’erreurs. Dans ces cas, l’analyse génétique est un outil efficace pour compléter ou corriger l’identification ampélographique. Depuis quelques années, des analyses d’ADN apportent des réponses précises sur les cépages et leur généalogie et c’est grâce à cette technologie qu’une filiation directe a pu être établie entre l’Humagne rouge et le Cornalin, par José Vouillamoz de l’Université de Neuchâtel. Cet outil est également très utile pour dépister les appellations erronées ou la présence de doublons dans les collections de conservation.

Vigne sauvage

La vigne sauvage ou Vitis sylvestris C.C. Gmel. est une liane thermophile qui,  selon la Liste Rouge 2002, est au bord de l’extinction en Suisse. Sa distribution se limite aujourd’hui au Tessin méridional et à la basse vallée du Rhône jusque dans la région de Martigny. Un plan d’action rédigé par la coordination régionale pour la protection de la flore est actuellement mis en œuvre pour renforcer sa présence dans son aire de distribution naturelle.

Les anciens cépages et leur conservation

Les anciens cépages sont intéressants pour les sélectionneurs car ils se sont adaptés pendant de longues périodes à des conditions climatiques et environnementales locales. Le Mildiou et le phylloxéra, les exigences de rendement par les cépages greffés les ont mis sous forte pression. Par son adhésion à la convention sur la biodiversité, la Suisse s’engage à assurer la survie des cépages anciens par des programmes d’actions nationaux (PAN). Lors des premières années du PAN, des projets d’inventaire ont vu le jour et ont permis d’inventorier de nombreuses variétés présentes sur le territoire suisse. Ces variétés ont été analysées selon des critères de conservation et celles qui ont été considérées comme importantes à conserver en Suisse se trouvent sur la Liste positive vigne. Cette liste contient actuellement 141 variétés.

De 2003 à 2013 s’est déroulé l’inventaire des vignes de Suisse orientale. 900 échantillons de vigne ont ainsi été déterminés par des experts internationaux sur 1200 échantillons annoncés par la population durant toute la période. De précieuses trouvailles ont été faites telle la redécouverte de variétés que l’on pensait disparues comme la Blaue Seidentraube, le Muscat Bleu et le Gouais blanc, une variété antique et qui était d’importance au Moyen-âge et est à l’origine de plus de 100 cépages différents (Riesling, Chardonnay). Les variétés trouvées ont ensuite été plantées dans une collection d’introduction à Frümsen (SG) le temps de déterminer lesquelles doivent être conservées à long terme en Suisse.  

A Pully se trouve la collection de vigne nationale entretenue par le centre de recherche en viticulture d'Agroscope.  Avec plus de 600 accessions de différents cépages et plants américains d'origine suisse ou d'intérêt pour les conditions pédoclimatiques de l'arc alpin, cette collection est la plus importante du pays. Elle sert de référence pour l'identification variétale dans le cadre des projets de conservation de la biodiversité viticole en lien avec le PAN, sert de base pour la sélection clonale et variétale et pour les suivis des stades phénologiques en fonction de l'évolution du climat.